La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) fixe des objectifs et des méthodes pour atteindre le bon état des eaux avec un premier horizon en 2015. L’évaluation de l’état des masses d’eau prend en compte des paramètres différents (biologiques, chimiques ou quantitatifs), qu’il s’agisse d’eaux de surface (douces, saumâtres ou salées) ou d’eaux souterraines.

img1Notion de bon état (eaux de surface)

Le bon état d’une eau de surface

La DCE définit le "bon état" d’une masse d’eau de surface lorsque l’état écologique et l’état chimique de celles-ci sont au moins bons.

  • L’état écologique d’une masse d’eau de surface résulte de l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés à cette masse d’eau. Il est déterminé à l’aide d’éléments de qualité biologiques (espèces végétales et animales), hydromorphologiques et physico-chimiques appréciés par des indicateurs (par exemple les indices invertébrés ou poissons en cours d’eau). Pour chaque type de masse de d’eau (par exemple : criques, fleuves, côte vaseuse...), l’état se caractérise par un écart aux « conditions de référence » de ce type, qui est désigné par l’une des cinq classes suivantes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Les conditions de référence d’un type de masse d’eau sont les conditions représentatives d’une eau de surface de ce type, pas ou très peu influencée par l’activité humaine.

 

  • L’état chimique d’une masse d’eau de surface est déterminé au regard du respect des normes de qualité environnementales (NQE) par le biais de valeurs seuils. Deux classes sont définies : bon (respect) et pas bon (non-respect). A minima, 41 substances sont contrôlées : 8 substances dites dangereuses (annexe IX de la DCE) et 33 substances prioritaires (annexe X de la DCE).

 

img2Notion de bon état (eaux souterraines)

Le bon état d’une eau souterraine

Le bon état d’une eau souterraine est l’état atteint par une masse d’eau souterraine lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons".

Le bon état quantitatif d’une eau souterraine est atteint lorsque les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation des écosystèmes aquatiques.

L’état chimique est bon lorsque les concentrations en polluants dues aux activités humaines, ne dépassent pas les normes et valeurs seuils lorsqu’elles n’entravent pas l’atteinte des objectifs fixés pour les masses d’eaux de surface alimentées par les eaux souterraines considérées, et lorsqu’il n’est constaté aucune intrusion d’eau salée due aux activités humaines.

Les méthodes et règles d’évaluation de l’état des eaux pour l’application de la DCE font l’objet d’un travail d’harmonisation entre les États membres. Il s’agit de garantir que les limites du bon état, retenues par les différents États membres, correspondent à des niveaux d’altération comparables et à des degrés d’exigence semblables,conformément aux pressions subies par les milieux.

Ces règles donnent lieu à des préconisations techniques et réglementaires qui visent à actualiser, remplacer ou compléter les anciens systèmes d’évaluation, et qui ne sont plus totalement adaptés dans le cadre de la DCE.

Il est à noter qu’en complément des règles d’évaluation « DCE », des méthodes permettant de répondre à des exigences réglementaires et à des objectifs de connaissance ou de diagnostic spécifiques, sont aussi nécessaires (par exemple pour des diagnostics ciblés des milieux vis-à-vis des nitrates ou pour la qualité de l’eau potable).

 La Guyane compte deux masses d’eau souterraines (une masse d’eau sédimentaire et une masse d’eau de socle).

Résultats de la qualité des eaux en Guyane

La qualité des eaux de Guyane apparaît, au vue du suivi menée par l’Office de l’Eau et de ses partenaires, de bonne qualité sur toute la période étudiée (2007-2013).

À l’exception de quelques éléments, caractérisant le fond géochimique élevé des sols et profils d’altération tropicaux (Fe, Mn, Al), les eaux souterraines ne révèlent pas de pollution particulière et sont de bonne qualité.
 
Concernant les eaux de surface, d’un point de vue physico-chimique, seules des anomalies sporadiques ont pu être révélées,  dues à certaines activités temporaires ou mouvantes comme l’orpaillage clandestin. Ces mêmes activités, qui impactent les milieux aquatiques en avalaison des sites d’extraction aurifères, sont aussi à l’origine de quelques valeurs anormales en mercure et du relargage de quantités importantes de matière en suspension. Cependant, les micropolluants et les molécules phytosanitaires sont absents à l’exception du Di (2-ethylhexyl) phtalate et des HAP présents dans un nombre très restreints de sites.

Le suivi hydro-biologique réalisé à partir d’indices pas encore bien consolidé (vu la jeunesse du suivi) n’a pas permis de mettre en évidence un état des lieux qualitatifs fiable des milieux aquatiques. Un gros travail reste à faire sur la fiabilisation des indices hydrologiques et l’adaptation des protocoles. C’est une des missions dont se charge l’Office de l’Eau de Guyane et ses partenaires tout en essayant d’entretenir le travail d’acquisition de données scientifiques découlant de la mise en place de ces indices, alimentant ainsi la connaissance sur les milieux aquatiques guyanais aujourd’hui encore trop peu connus.

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